via-mobilite.fr L'accélérateur de votre transition automobile d'entreprise
Retour d’expérience · Flotte professionnelle

Retour d’expérience : 50 utilitaires électrifiés au dépôt

Publié le 18 février 2026 · Temps de lecture : 7 min
Flotte de véhicules utilitaires électrifiés stationnés et en recharge au dépôt
Un déploiement réussi commence rarement par les bornes : il débute par une bonne lecture des usages, des trajets et des contraintes opérationnelles.

Passer de 50 utilitaires thermiques à un parc électrifié ne consiste pas seulement à changer de motorisation. C’est un projet de transformation qui touche les tournées, la disponibilité des véhicules, la gestion des conducteurs, les coûts d’énergie et la qualité de service. Dans ce retour d’expérience, nous reprenons les étapes clés d’un déploiement mené au dépôt, avec une logique simple : réduire le TCO sans dégrader la productivité.

L’entreprise concernée exploite des utilitaires pour des interventions de proximité et des livraisons courtes, avec un rythme intense en semaine et des retours quasi systématiques au site en fin de journée. Ce profil d’usage a ouvert la voie à une électrification pragmatique, pilotée par les données plutôt que par les seules intentions RSE. Découvrez tous nos services sur notre page d'accueil.

1. L’audit d’usage avant tout

Le premier enseignement de ce projet est sans surprise : il est risqué de commander des véhicules avant d’avoir mesuré les usages réels. L’audit a permis de distinguer trois grands profils de missions : des trajets urbains courts, des boucles périurbaines régulières et quelques déplacements plus longs, plus exceptionnels. Sur cette base, le parc a été segmenté en fonction de l’autonomie utile, des temps d’immobilisation possibles au dépôt et du besoin de charge embarquée.

50 véhicules utilitaires intégrés dans la trajectoire d’électrification.
78 % des trajets quotidiens compatibles avec une recharge nocturne au dépôt.
–21 % de coût énergétique estimé sur les usages les plus réguliers.

Ce que l’audit a révélé

  • Des distances journalières plus homogènes qu’anticipé, avec une majorité de tournées inférieures à 150 km.
  • Des plages de stationnement suffisantes pour organiser une charge lente ou semi-accélérée.
  • Un besoin de répartition fine des véhicules selon les équipes et les secteurs desservis.

2. Le bon mix véhicules / infrastructures

Le deuxième levier a consisté à choisir des véhicules adaptés au métier, et non l’inverse. Une partie du parc a été basculée vers des utilitaires 100 % électriques pour les circuits les plus prévisibles. Pour certains usages plus longs ou avec moins de marge sur l’autonomie, des solutions électrifiées intermédiaires ont été conservées pendant la phase de transition.

Côté recharge, le dimensionnement au dépôt a été pensé pour éviter les files d’attente en début et en fin de poste. L’installation a combiné des points de charge pilotables, un délestage intelligent et une supervision permettant de suivre la puissance appelée à chaque instant. Le résultat : une recharge plus simple à exploiter et moins de stress pour les équipes terrain.

Point de vigilance : la réussite d’un projet d’électrification dépend autant de la disponibilité électrique du site que du choix des modèles. Une borne mal placée ou un planning de recharge trop rigide peut rapidement annuler les gains attendus.

3. Conduite du changement : le facteur souvent sous-estimé

Sur le papier, l’électrification paraît fluide ; dans la réalité, elle se joue aussi sur l’accompagnement des conducteurs et des managers de proximité. Les premiers retours portent souvent sur des détails très concrets : habitude de brancher le véhicule, compréhension des indicateurs d’autonomie, anticipation des temps de charge et organisation des départs. En phase de déploiement, un accompagnement court et répété vaut mieux qu’un long rappel théorique.

Lors d’ateliers de terrain, la question du confort de travail est aussi apparue plus largement. Dans les échanges en entreprise, certains responsables QVT rappellent que la mobilité ne se limite pas aux véhicules : elle concerne également l’accès au site, les pauses, les horaires et l’ergonomie des trajets. Pour un salarié vivant avec une neuropathie des petites fibres, ces ajustements pratiques peuvent faire une vraie différence dans la gestion du quotidien professionnel.

4. Ce que l’entreprise a gagné après 9 mois

Après une phase de montée en charge progressive, le parc a atteint un rythme stabilisé. Les gains ne se résument pas à une baisse des émissions : ils se lisent aussi dans la diminution des passages à la pompe, la visibilité sur les coûts, et une maintenance mieux planifiée. Grâce à un suivi centralisé, les arbitrages sont devenus plus rapides, avec une lecture claire du coût total par véhicule.

  • Réduction des coûts de carburant sur les tournées urbaines et périurbaines.
  • Baisse du bruit et amélioration du confort de conduite pour les équipes.
  • Visibilité renforcée sur l’usage réel de chaque utilitaire.
  • Meilleure cohérence entre objectifs RSE et contraintes opérationnelles.

Ce projet a surtout démontré qu’un parc électrifié bien pensé n’est pas un “bonus image”. C’est un outil de pilotage, capable de soutenir la performance économique à condition d’être fondé sur les bonnes données, les bons profils de véhicules et des infrastructures adaptées.

5. Les enseignements à retenir pour un gestionnaire de flotte

Si vous pilotez une flotte de véhicules utilitaires, le principal enseignement est simple : commencez par objectiver les usages. Une analyse sérieuse des distances, des horaires et des sites de stationnement permet d’éviter les surdimensionnements coûteux. Ensuite, faites converger le financement, l’entretien et la recharge dans une même logique de suivi.

  • Ne choisissez pas les véhicules avant d’avoir cartographié les besoins réels.
  • Anticipez la capacité électrique du site et les plages de recharge.
  • Formez les conducteurs à l’usage quotidien, pas seulement au démarrage du projet.
  • Mesurez les gains avec des indicateurs simples : coût, disponibilité, CO2, satisfaction utilisateur.

Au final, l’électrification de 50 utilitaires au dépôt a fonctionné parce qu’elle a été traitée comme un projet d’exploitation, et non comme une simple commande de véhicules. C’est précisément l’approche que recherchent aujourd’hui les gestionnaires de flotte et les directions achats : un cadre clair, des données fiables et une transition qui reste compatible avec la réalité du terrain.

Du côté du blog

Julien Jimenez et les sites de mobilité: clarifier le trajet

Voir tous les articles